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La chronologie de Zërya
La Chronologie

« Notre histoire, nous l'héritons de nos ancêtres. Notre futur, nous l'écrivons. »


Fonctionnement de la chronologie

La chronolgie d'Invocation est relativement dense de par la diversité des nations et des intrigues ; néanmoins, la lire n'est aucunement obligatoire. C'est un petit plus pour ceux qui ont envie de mieux comprendre comment se sont formées les sociétés et les mentalités. Cette page présente l'origine de Zërya, commune à toutes les nations ; puis, dans la barre des sous-menus, vous trouverez la chronologie indépendante de chacune des nations actuellement disponibles. L'empire de Laogaï et l'archipel du Vangartö ont été couplés de par leur histoire très liée. Bonne lecture !

La genèse de Zërya

Aussi loin que remontent les archives des Hommes, à l’origine, il n’y avait rien. Rien qu’un espace vide infini, sombre et silencieux, où erraient des êtres mystiques et sans attache. Rien que des astres solitaires et des masses perdues au milieu de nul part.
Dans cet espace évoluaient six entités bien singulières, qui, lasses de leur périple sans but, sans compagnie pour supporter ce désespoir, émirent le souhait secret d’un jour pouvoir trouver un lieu où vivre et voir naître un millier de choses nouvelles. Toutefois, chacune seule ne pouvait rien accomplir. Alors elles continuaient d’avancer dans la pénombre éternelle.
Naquit alors une étrange lumière, blafarde et lointaine. Curieuses, les entités décidèrent de la rejoindre, attirées par cette lueur comme un papillon par la flamme vacillante d’une lampe à huile. Lorsqu’enfin, après un long voyage, ils atteignirent la lumière, les six Grands Esprits tels que nous les connaissons aujourd’hui se rencontrèrent pour la première fois. Au contact de cette lueur, leur cœur fut envahi d’un espoir neuf et flamboyant ; l’espoir de pouvoir bâtir un havre de paix, de ne plus avoir à affronter la solitude, de pouvoir façonner leur avenir. Yaleï était née de leur désir ardent de se trouver, et leur avait permis de se réunir autour d’elle pour réaliser leur souhait le plus cher.

Les entités discutèrent, longuement. Elles apprirent à se connaître, contèrent leur existence jusqu’à ce jour, offrirent leur nom, dévoilèrent leurs secrets et leurs vœux. Ils passèrent un temps infini ensemble, autour de la lueur d’espoir, si longtemps que l’une des entités, le dragon de feu du nom de Nërio, tomba amoureuse de la lueur. De là naquit la jalousie de la sirène du nom de Jaïnisse, et de cette époque lointaine, dit-on, remonte la haine ancestrale entre ces deux êtres. Ils demeurèrent ensemble si longtemps que les éclats de joie et de tristesse, Këline et Käline, ne voulurent plus se séparer, si semblables et heureuses de s’être enfin trouvées qu’elle firent la promesse de ne plus jamais se quitter. Si longtemps que, sans même qu’ils ne s’en rendent compte, ils avaient déjà commencé à créer le monde qui serait leur : sous les sabots du grand cerf du nom d’Hërya était apparue une graine qui ne demandait qu’à germer.

Hërya entoura cette graine d’un terreau fertile et Jaïnisse l’arrosa. Ils la laissèrent grandir sous leurs yeux ébahis, et lorsque sa croissance fut achevée, ils baptisèrent cette terre vierge et pleine de promesse “Zërya”. Nul ne sait ce que ce nom veut dire, mais les Hommes se contentent de retenir qu’il est empreint de tout l’amour de ses créateurs.
Sur cette terre où tout était encore à construire, Hërya fit croître une végétation verdoyante et donna forme à la faune. Jaïnisse déversa les océans et creusa les fleuves pour abreuver le sol et ses habitants. Ahilen fit souffler le vent pour apporter l’oxygène et pousser les nuages. Këline et Käline créèrent le jour et la nuit et déterminèrent le bien et le mal. Enfin, Nërio, après avoir offert le feu, donna vie à toutes les créatures que son frère et ses sœurs, comme il les nommait maintenant, avaient créés. Et parmi ces créatures : les hommes.

Les premiers hommes ouvrirent les yeux sur les sommets d’Ashraiël, ces pics gigantesques au cœur des monts de Nawölva. Auprès d’eux, les Eöss Meÿdrunes, se tenaient leurs parents, les créateurs, les Grands Esprits de Zërya. Mains dans la main, ils descendirent des montagnes, jeunes et emplis d’espoir. Arrivés aux pieds de la chaîne, ils s’activèrent à fonder une ville splendide où vivre en harmonie avec leurs pères et mères, et leurs autres enfants nés pour les seconder : les Esprits mineurs. Après un long labeur, la cité de Dräshm fut achevée, véritable joyau d’architecture pour son époque balbutiante.
Pour récompenser l’âme noble de leurs enfants, les Grands Esprits leur accordèrent deux dons : le premier fut l’immortalité ainsi que la jeunesse éternelle et l’immunité aux maladies qui les accompagnent, les hommes ne pouvaient dès lors mourir que de blessures graves. Le second et le plus beau fut celui de l’Invocation. A chaque homme, à chaque femme, ils accordèrent une part infime de leur pouvoir, divisé en trois parties formant un tout sacré, et symbole vivant que les Esprits demeuraient toujours aux côtés des fils et filles de Zërya.

Les premiers fruits de l’amour humain naquirent sans encombre dans un monde pur et enchanteur, un paradis terrestre qu’aucun vice n’était encore venu entacher. Il n’existait alors ni corruption ni violence, ni haine ni vengeance. La vie se déroulait simple et belle, et lorsque la mort sonnait aux portes des maisons, point de larmes : Mëris n’était que le salut des corps trop écorchés pour continuer à vivre.
Un jour, quelques femmes nées sous les faveurs de la dame de l’Au-delà décidèrent de la remercier en lui forgeant un cadeau unique au monde. Il leur vint l’idée de lui offrir une faux, une faux pour arracher l’âme du damné et la guider vers sa dernière demeure. Ce fut la première arme qui vit le jour sur Zërya, après de longues heures de forge au cœur d’un volcan, et sa lame d’un alliage singulier où semblait couler de l’argent liquide fut imprégnée d’un sort puissant. Lorsque les femmes remirent le présent à Mëris, elles lui dirent :
« Dame de la Mort, la première âme que vous faucherez hantera ce présent pour l’éternité, pour vous servir et vous aider dans votre tâche. Que les Esprits veillent sur nous, et que notre dernier voyage puisse se dérouler en votre bonne compagnie. »
Les femmes furent remerciés, puis la vie reprit son cours. Jamais elles ne se doutèrent à cet instant qu’elles venaient d’enclencher la longue et infernale chute des Eöss Meÿdrunes.

Il ne fallut guère plus de quelques jours pour que Mëris s’en aille accomplir son devoir à nouveau. Une femme, jetée d’une falaise, attendait sa visite pour voir ses souffrances abrégées. Pleine de compassion, la Mort se pencha sur cette pauvre enfant et lui demanda les raisons de son triste geste, d’une voix douce et maternelle. La suicidée répondit alors :
« Je souffre d'amour, d'amour sans retour, et c'est un mal qu'on ne peut guérir aussi longtemps que le cœur bat, et je maudis votre père, Dame, pour avoir doté l'Humain de tant de sentiments alors que son coeur est si faible. »
Mëris se sentit triste pour cette femme, mais en levant sa faux nouvellement acquise, garda en tête que la malheureuse passerait l’éternité à ses côtés à panser les plaies de son cœur. Lorsque l’âme fut prisonnière du présent des Eöss Meÿdrunes, elle murmura son nom à l’oreille de sa maîtresse : Sachii. Et cette femme, à son tour, ne se douta pas, à cet instant, qu’elle causerait la souffrance de centaines de ses frères.
La Mort continua d'arpenter Zërya pour accomplir sa mission, accompagnée de Sashii. Elle apprit à la connaître. Et plus le temps passait, moins l'âme de cette femme lui apparaissait comme possédée de la noblesse des autres Meÿdrunes.
Sashii était une femme jalouse, orgueilleuse, narquoise, qui, si de son vivant, n'avait jamais commis aucun acte répréhensible, avait nourri toute son existence des pensées si noires que jamais à sa mort les portes de l'Au-Delà ne lui auraient été ouvertes. Servir Mëris en devenant le symbole de la Mort était, somme toute, la seule forme de salut qui lui était destinée.
Sashii restait hantée par le souvenir de l'homme qu'elle aimait éperdument, mais jamais Mëris ne put lui arracher son nom. Ce fut le hasard qui la poussa à découvrir la vérité.

Un jour d’été parmi d’autres, Mëris fut conviée par Nërio à le rejoindre ; il était des jumeaux nés souffrants, pour une raison que le Grand Esprit n’expliquait pas, et Jaïnisse avait lu que leur avenir ne serait que douleur au milieu du bonheur des autres fils et filles de ce monde. A l’avis générale, et malgré l’amour déjà fort de leur mère, il fut décidé de leur permettre de rejoindre l’Au-delà plutôt que de vivre un enfer. De nombreux Esprits et de nombreux hommes se réunirent, car jamais encore on n’avait retiré une vie si tôt à un corps si jeune.
Mëris fit alors appel à Sachii, mais la faux refusa d’obtempérer. Elle avait reconnu, auprès des jumeaux couverts de malchance, le visage de celui qui l’avait poussé à se jeter de cette falaise, à l’aube de son immortalité.
« Toi ! Toi ! » hurlait-elle, brandie droit vers Nërio, défiant la volonté de sa maîtresse. « Toi que j'ai aimé, toi qui te joues du cœur des Hommes, je te hais, Feu, je te maudis ! A toi qui est Vie je souhaite la mort, et cette mort je peux te la donner ! »
Folie, ce n'était que folie, comment tuer l'incarnation de la Vie ? Les ignares n'auraient pu. Mais Sachii savait, Mëris le lui avait soufflé un soir : le seul moyen de terrasser le Grand Esprit du Feu, c'était d'anéantir son cœur. Et son cœur appartenait tout entier à la lueur devenue Esprit de l’Espoir : Yaleï. Devenue incontrôlable, la faux hantée s’abattit sur elle, sans laisser l’opportunité à Mëris de l’en empêcher. Et Nërio poussa le cri le plus déchirant que Zërya eût entendu jusqu’à ce jour.

Entre les bras de Nërio gisait Yaleï, mourante, qui adressant un dernier sourire à son compagnon, fut soufflée par le Vent en milliers de grains de poussière, qui, dit-on, formèrent le désert de Köryantha. Le Grand Esprit pleura pour la première fois, selon les dires des immortels, et lorsque Jaïnisse se présenta pour le consoler, il la repoussa d’un rideau de flammes. Nërio n’admit aucun de ses frères, aucune de ses sœurs à ses côtés : son âme réclamait vengeance, et Sachii ricanant dans son dos attisait sa rage. Il tenta vainement de la détruire. Hërya dut se charger de sceller l’arme et d’enterrer son nom, et le père de la Vie déchargea sa haine en brûlant l’âme des femmes ayant osé forger cette abomination. Il interdit à la Mort de se présenter à nouveau devant lui, puis, dit-on, il s’exila de longues années pour faire son deuil.

Suite à cet événement qui bouleversa le monde de l’époque, l’Esprit de la Justice, Leocho, fut chargée de déclarer leur sentence aux hommes, pour avoir créé un outil capable de tuer l’Espoir, source de tous les rêves et de Zërya. L’Esprit s’adressa aux hommes en ce mots, avec froideur et impartialité :
« Pour s’être dressé contre les Grands Esprits, pour leur orgueil et leur vanité voici le jugement que je rends aujourd’hui aux Hommes : les enfants à naître seront mortels et condamnés, pour s’être privés de l’espoir, à connaître la misère, la haine et la guerre, et aux immortels qui le demeurent, pour punition, je clame la douleur de perdre leur progéniture lorsque leur corps vieilli tombera en lambeaux, et je clame l’exil, l’interdiction de demeurer à Dräshm, ville sacrée des Esprits. Néanmoins, si l’Homme répare ses erreurs, Yaleï renaîtra, puisqu’elle réside dans le cœur de chacun. Et avec Yaleï renaîtront les beaux jours du passé. »

Ainsi furent contraints de se disperser les Eöss Meÿdrunes. Certains s’en allèrent fonder la cité de Khandra, dans les monts de Nawölva. D’autres partirent à l’aventure conquérir des terres nouvelles. Ces migrations forcées expliquèrent la naissance de peuples divers, affirment les historiens. D’après les Eöss Meÿdrunes encore de ce monde, elles n’expliquent que la rancoeur et la corruption du coeur humain. Enfin, il fut dit que l’Esprit Leocho subit le même sort que Yaleï, de la main même de ses créateurs, lorsqu’il voulut punir Jaïnisse d’être à l’origine d’une machination dont elle reniait l’intégralité des faits.

Ce fut à cette date fatidique du 1 Juvrish 548 du calendrier meÿdrune que les peuples de Zërya telle que nous la connaissons naquirent.